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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 22:01

Partie 3 : de ma vie avec Celui qui m'aime (D.ieu me vient en aide)


Au début de mon adolescence, alors que la routine de tous les jours poursuivait son cours, il se produisit un événement heureux et bien spécial à mes propres yeux... C’était le jour où nous avons eu l’heureuse visite de Monsieur le curé (prêtre) de notre paroisse. Lorsqu’il est entré dans la maison, il apportait avec lui une Bible pour la donner à mes parents. Gloire à D.ieu, D.ieu est entré dans la maison, j’ai vu avec plaisir combien mon père et ma mère étaient bien content de recevoir Ce si précieux présent de Monsieur le Curé. Le prêtre affirma ce jour-là à mes parents que D.ieu avait choisi cette famille et quelqu’un en particulier dans cette famille pour accomplir Son oeuvre, et mes parents se réjouissaient à cette bonne nouvelle. Mes parents lui demandèrent alors, qui pouvait bien être la personne élue par D.ieu ! Mais celui-ci ne pouvait répondre à cette question...

Alors, nous nous sommes mis par ordre d’âge en une seule rangée afin que le prêtre nous bénisse chacun en particulier. Et pendant que celui-ci parlait avec les plus jeunes, j’avais hâte que mon tour vienne... Et lorsqu’il arriva à moi, je ressentis comme s’il y avait eu la Présence de quelqu’un derrière moi qui me poussait légèrement en avant des autres et ce, sans le moindre effort de ma part... Je sentais au plus profond de moi Cette merveilleuse Présence qui suscitait en mon cœur un sentiment d’Amour et de Paix qui venait assurément du Sei.gneur. Par un ensemble de petites choses qui se passaient dans ce rassemblement, je voyais que D.ieu était sur le point de faire certainement quelque chose et cela me donnais espoir, c’était comme si D.ieu me disais : Je vient à te secourir ! Cette si douce Présence me rassurait et me réconfortait tout à la fois par une Paix qui effaçait toutes mes souffrances passées. Enfin, la confiance se ranimait en moi et faisait maintenant place au courage. C’était tout comme si j’avais été ravie dans les lieux célestes car je sentais la Sainteté de la présence de Dieu autour de moi... J’avais les deux mains jointes et le visage qui rayonnait littéralement de joie ! Je ne voulais plus sortir de ce moment béni... Me voyant ainsi, le prêtre me demanda en souriant : L’aimes-tu Jésus?... Je répondis : Oh oui je L’aime ! ... Ensuite, il pria un court instant tout en posant sa main sur ma tête.

À partir de là, il n’y eut plus aucun doute en mon fond intérieur que la personne choisie était bien moi; je vis que notre hôte éprouvait la même certitude, mais il ne le dit pas, parce que j’étais une fille. Cette grande révélation se produisit pendant qu’il parlait à l’un de mes frères plus âgé. Alors, faisant demi-tour, le prêtre est venu faire un signe de croix sur mon front ! À cette époque, le signe de croix représentait le symbole de la consécration divine. Ne comprenant pas tout ce qui m’arrivait, je me disais au fond de mon cœur que Jésus allait sûrement faire quelque chose pour moi... Mais comment le ferait-Il ! Je n’en avais aucune idée mais, je Lui faisais tout simplement confiance avec ma foi d’enfant et j’attendais...

Suite à cette solennelle visite, mon père s’est souvent mis à nous lire la Bible; je sentais bien qu’il était heureux et ma mère par le fait même, puisqu’elle écoutait attentivement tout ce qu’il nous lisait. Mon père nous disait alors avec conviction : Écoutez, c’est D.ieu qui vous parle dans ce Livre !… C’est à ce moment-là que je réalisai que D.ieu était vraiment vivant et pouvait prendre soin de chacun de nous en nous parlant aussi en particulier, comme Il le fit si bien avec Adam et Ève dans le jardin d’Éden !

Je compris également que moi aussi je pouvais parler directement à D.ieu, même si je n’étais qu’une enfant de dix ans ! D.ieu entend les prières des enfants qui souffrent... Les Promesses de D.ieu sont aussi pour eux !

Quand les justes crient, l’Éternel entend, et Il les arrache à toutes leurs détresses; L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé et sauve ceux qui ont l’esprit dans l’abattement. De nombreux malheurs atteignent le juste, mais de tous, l’Éternel le délivre. Psaume 34, 18-20.

J’avais bien des questions à poser mais je n’osais pas trop y réfléchir en raison du fait que la religion ne nous permettait pas de converser directement avec D.ieu ! Cela ralentissait mon zèle parce qu’on nous disait qu’il fallait passer par d’autres intermédiaires, en l’occurrence Marie, les saints ou nos défunts. Mais au fond de moi, j’osais tout de même parler à D.ieu directement mais avec une certaine crainte, parler directement à D.ieu dans le secret de mon cœur !!!

En raison de ce faux enseignement religieux qui consistait à nous faire croire que si l’on s’adressait directement à D.ieu, nous courrions le risque de mourir. J’avais donc peur que D.ieu me fasse mourir ! Mais toutefois, j’osais Lui parler quand même et je me disais alors : Si je meurs, ce ne sera pas pire de ce que je vis maintenant. Alors, j’osais tout de même Lui parler directement malgré l’interdiction formelle des religieux ! Et D.ieu ne m’en a jamais voulu pour cela, bien au contraire, Il prend un vif plaisir à nous entendre Le prier, d’une manière aussi simple, comme la prière d’un enfant... Mais aujourd’hui, je sais pourquoi les religieux nous disaient cela, c’était vraiment une mauvaise compréhension de leur part. Car la Bible dit : pour être capable de parler à D.ieu directement, nous devons accepter Jésus comme Notre seul Sauveur personnel dans nos coeurs et en priant par le Nom de Jésus, nous avons accès auprès de D.ieu Le Père à cause de Jésus.

Ainsi, j’écoutais mon père et je m’attendais d’en connaître toujours plus sur ce qui était écrit dans La Bible de Dieu. À cette époque, mon père La lisait pratiquement tous les jours et je me souviens que j’avais toujours hâte à ces moments privilégiés de la journée où j’apprendrais à toujours mieux connaître ce Grand D.ieu si plein d’Amour par ce Livre merveilleux...

Il se faisait une grande excitation en mon intérieur lorsque j’entendais Ses Paroles et tout mon être en tremblait de joie ! J’avais toujours hâte de savoir ce que D.ieu avait à nous dire encore et encore, pour mieux vivre et comprendre le pourquoi de notre existence ici-bas. Et plus mon père lisait, plus mon coeur était touché et je ne voulais surtout pas qu’il s’arrête de lire Les Saintes Écritures !

C’était absolument merveilleux parce que je recevais Ses Paroles comme une douce douche qui coulait tout doucement dans mon coeur, comme un courant d’une Eau Pure qui me rafraîchissait et me purifiait tout à la fois... Comme dans un bon fruit délicieux !

Et une promesse de la Bible me dit : Jean 4-14 : mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.

Ce temps béni ne dura pas aussi longtemps que je l’aurais souhaité malheureusement..., un an et demi ou deux, tout au plus ! Cette époque coïncida avec la naissance du treizième enfant et du même coup avec le décès de ma mère... Elle fit une hémorragie causée par des tumeurs aux ovaires. Il n’était pas rare dans ce temps-là que les femmes succombaient lors de leur accouchement. Ma mère avait que trente-cinq ans et demi et moi j’avais douze ans seulement ! Le bébé resta à l’hôpital jusqu’à ce qu’une de mes tantes l’adopta; c’était un beau garçon en parfaite santé !

Et à la mort de ma mère J’étais incapable de pleurer; j’avais d’autres préoccupations qui pour moi demandaient toute mon attention... Je savais que au fond de moi que mon père me prendrait malgré moi pour remplacer ce que ma mère pouvait lui procurer... Je cherchais comment je pouvais faire pour m’en sortir, surtout que je ne pouvais pas parler de tout cela à qui que ce soit !

Mais j’essayais de me rapprocher tout doucement de mes tantes qui se trouvaient être les soeurs de mon père. Une d’entre elle était ma marraine et la tradition voulait que si un parent décédait, c’était au parrain ou à la marraine de prendre l’enfant en charge. C’est pourquoi j’espérais que cet usage dans les mœurs du temps se réalise aussi pour moi... Mais je sentais en permanence le regard de mon père qui ne cessait de me surveiller; je discernais chez lui cette peur que je m’ouvre à l’une d’elles et il ne tenait surtout pas à ce que je quitte la maison paternelle. Lorsque je voyais ses yeux fixés sur moi en me signifiant par de petits signes de prendre des distances par rapport à ses soeurs, je ne pouvais que me soumettre à lui et me taire en baissant les yeux...

Au moment où ma mère était exposée dans notre salon, l’une de mes tantes m’a tout simplement posé cette question : Tu n’as pas de peine à voir ta mère ainsi ? C’est alors que mon père est aussitôt intervenu pour répondre à ma place ! Je n’avais vraiment pas de chance...

Après l’enterrement de ma mère, il y eut un grand vide dans la maison; mais je n’avais pas trop le temps de penser à ce qui venait de se passer, mais je portais néanmoins son deuil dans mon cœur... Il faut dire qu’elle ne me manquait pas beaucoup en raison du fait que mon esprit était trop préoccupé à prendre sa relève et je me suis mise tout de suite à l’ouvrage. À l’âge que j’avais alors, je savais bien que je n’étais pas aussi expérimentée que ma mère dans la cuisine, mais j’arrivais à me débrouiller malgré tout ! Jusqu’au jour lorsque je fis du pain pour la première fois.

J’avais pourtant suivi exactement les instructions que ma mère m’avait données auparavant à ce sujet et mon pain semblait tout à fait réussi. Il a bien levé et à la sortie du four, il était d’un beau blond doré et qu’il était appétissant à voir ! Mais lorsque mon père s’est mis à le trancher, il n’a pu le faire, il était dur comme de la roche ! Quel malheur d’avoir oublié de mettre du saindoux en le pétrissant et de faire tremper la levure dans de l’eau chaude avant d’entreprendre cette tâche... En voyant mon père qui essayait de couper le pain, je suis vite partie de la table pour aller me cacher, j’avais trop peur de sa réaction et qu’il me frappe... Mais, à ma plus grande surprise, il s’est mis à rire quand il a vu que mon pain ne se coupait pas ! Il dit alors, je l’achèterai à l’épicerie à l’avenir, il ajouta : Viens manger, je ne te chicanerai pas ! Oh!, la, la, comme je fus soulagée. Mais pour ce faire, j’avais gaspillé d’un coup un sac de vingt-cinq livres de farine...

Malheureusement, après le décès de ma mère, mon père ne lisait plus la Bible et cela me chagrinait beaucoup. Je voyais bien que cela ne l’intéressait plus et ça me manquait terriblement... Je ne savais pas à ce moment-là que un de mes frères lorsqu’il est partie de la maison, avait emporté la Bible avec lui.

Un peu plus d’un an plus tard, durant l’été, mon père eut la merveilleuse idée de nous envoyer dans un orphelinat. Je fus très soulagée et heureuse de cette décision puisque j’avais si hâte de quitter la maison. Comme prévu, nous fîmes notre entrée dans un orphelinat qui s’appelait : L’institut Saint-Joseph de la délivrance à Lévis, cette établissement était de l’autre côté de la traversée de Québec à Lévis. Les trois plus âgés restaient avec mon père et, à partir de moi en descendant jusqu’au plus jeune, nous avons tous été placés là. Maintenant, je devais m’adapter à cette nouvelle vie avec mes nouvelles compagnes de classe. Je trouvais qu’il y avait beaucoup plus d’enfants là qu’à la petite école où j’allais dans mon village. Je me sentais un peu perdue dans ce nouveau monde et je ne comprenais pas pourquoi il fallait nous séparer d’avec mes frères... J’allais vite le comprendre par la suite !

Je ne me sentais pas comme les autres jeunes filles de mon âge. J’avais un comportement très timide et craintive, je crois que cet état d’être trouve son origine première dans ce que mon père ma fait subir... Peu de temps après, je constatais avec soulagement que je n’étais pas la seule à avoir connu des difficultés au niveau de la famille. Mais, ce n’était quand même pas si mal, au moins, je n’avais plus mon père devant moi ! ...

Ce n’est que dans la deuxième année d’orphelinat que je commençai à mieux m’adapter et tout semblait bien aller pour moi. Mais à un moment donné, ma conscience me condamnait à cause du comportement anormal de mon père vis-à-vis moi. Je me sentais honteuse et coupable malgré moi... C’est alors que je décidai d’ouvrir mon cœur au prêtre qui était là comme aumônier de cet établissement. Je lui racontai toute cette histoire d’inceste. À peine quelques jours après cette confession, celui-ci, qui était d’un âge respectable, m’a fait venir dans son bureau. Après une courte discussion, je sentis dans sa manière de parler qu’il voulait me courtiser, car il m’invita même à m’asseoir sur ses genoux. Je me doutais bien que ce n’était pas pour mes beaux yeux; je n’étais plus assez naïve pour ne pas percer son petit jeu... J’avais quatorze ans à l’époque et je n’avais pas peur de lui puisqu’il n’était pas mon père ! Et aussi, je me posais la fameuse question : Pourquoi ? Ce prêtre est sensé représenter D.ieu !!! C’est à ce moment-là que je compris qu’un prêtre était tout simplement un homme comme tous les autres hommes... Face à cet homme, je me suis mise tout de suite sur la défensive en voyant ses intentions et je me suis sauvée en vitesse vers la porte de sortie.

Je réalisai à cette époque que tous les hommes qui avaient un comportement très affectueux et avaient aussi le même regard que mon père... Je n’avais qu’à les fuir sans aucune hésitation de ma part, peu importe qui ils sont !

Pour le reste de l’année ils y suivirent beaucoup d’épreuves; d’ailleurs, les religieuses ne semblaient pas m’apprécier beaucoup et je ne dirais même pas du tout ! Lorsqu’elles me parlaient, elles étaient incapables de me regarder droit dans les yeux sans qu’elles aient un petit sourire au coin des lèvres. Elles semblaient me considérer comme si j’avais été un animal bizarre qu’il fallait apprivoiser ! Parfois même, elles prenaient un malin plaisir à faire rire les autres par un comportement de certaines filles en difficultés, c’était leur manière de faire. J’étais délaissée et abandonnée de tous et j’avais pourtant un si grand besoin que l’on m’aime. Peut-être que le prêtre a quelque peu terni mon image en portant un faux témoignage à ces religieuses..., tout probable parce que je n’ai pas voulu rester plus longtemps assise sur les genoux du prêtre, je n’en sais rien. Les religieuses me traitaient comme si je n’étais pas digne d’être avec elles.

Heureusement que ce fut ma dernière année dans cette institution... D’ailleurs, à 14 ans, j’étais rendue à la limite d’âge dans ce couvent. Au-delà de cet d’âge, on nous envoyait obligatoirement dans un autre établissement.

Mais avant que je puisse faire mon entrée dans une autre maison d’éducation, je devais malheureusement passer les vacances à la maison chez mon père en Gaspésie; je ne voulais surtout pas retourner avec mon père dans sa maison pour cette période des vacances. Alors je suppliai mon père pour qu’il accepte de m’envoyer passer les deux mois de congé chez l’une de mes tantes à Rivière du loup, là où demeuraient justement ses deux soeurs qui possédaient des commerces dans l’hôtellerie. Rendue avec mon père chez l’une de mes tantes, j’éprouvais la crainte que celui-ci refuse d’accéder à mon désir. Mais j’avais tellement insisté devant l’une d’elle, celle qui était ma marraine, que celle-ci lui dit que j’étais en âge de travailler et que je pouvais certainement lui donner un coup de main. Alors mon père accepta finalement bon gré mal gré, et j’en fus très heureuse...

C’était les toutes premières vacances que je passais ailleurs que chez-moi. Après quelques semaines, je me sentais tellement bien et libre dans tout ce que je faisais que je ne me souciais plus du lendemain; j’étais bien traitée et aimée par cette famille merveilleuse. Comme cela était merveilleux ! Je goûtais aux plus beaux moments de ma vie; je ne vivais plus de stress ! J’apprenais à vivre normalement comme toutes les jeunes filles de mon âge qui commençaient à travailler en dehors de chez elles. Je rencontrais beaucoup d’étrangers parce que je servais les gens aux tables; cette tante m’enseignait comment travailler toujours avec tact et diplomatie. Mon oncle, quant à lui, était un grand travailleur; il était toujours de bonne humeur, et même s’il ne parlait pas souvent, il avait toujours le sourire présent aux lèvres.

Comme je savourais cette vie dans cette famille, tout était équilibré, avec eux c’était une vie saine et normale... Je pouvais rire de bon cœur avec mon cousin qui travaillait avec moi; nous étions deux jeunes adolescents de quinze ans et il avait un comportement sain et très respectueux avec moi. Tout en travaillant, nous nous encouragions à bien faire ce que nous avions à faire. Je voyais tous ces beaux jours passés sans craindre personne, je respirais la liberté. J’éprouvais beaucoup de joie dans mon cœur et cela m’était très agréable car c’était assurément la vie qu’il fallait que je vive pour savoir comment il était bon de vivre dans une famille ou il y avait du vrai amour. Avec tout ce que je sais aujourd’hui de l’Amour de D.ieu, cela était certainement grâce à Lui, car c’est Sa Paix en moi qui était présente. Oui, c’était vraiment des bénédictions de D.ieu qui me procuraient ce doux bonheur de vivre dans une vraie famille ou l’amour des uns pour les autres existait, je donne encore à D.ieu toute La Gloire et Lui dit MERCI du fond du cœur pour ce temps d’apaisement...

Mais voilà, les beaux jours de vacances se terminaient déjà; c’était maintenant le temps d’entrer dans l’autre couvent et faire la connaissance de nouvelles compagnes pour mes 15 ans. Ce petit pensionnat se situait dans le petit village de Saint-Pierre, dans le comté de Montmagny. C’était un petit couvent privé, avec environ une centaine d’élèves réparties en quatre classes. C’est là que je faisais ma 7 ème année scolaire. Cette année-là, ce fut pour moi une année qui m’a remis sur pieds en me redonnant du courage de vivre et le goût de continuer mes études; ce fut très enrichissant en raison du fait que je me sentais acceptée et aimée par ces éducatrices religieuses; elles prenaient vraiment le temps de s’intéresser à moi avec douceur et démontraient bien leur amour et leur patience pour chacune d’entre nous. Ainsi, je me suis sentie en confiance et en sécurité pour continuer à aller de l’avant.

Je réussissais tous mes examens et j’arrivais toujours la première sans difficulté. J’étudiais avec un tel zèle que j’avais tôt fait de développer de nouvelles ambitions. Mais vers le milieu de l’année, lors d’un examen, il y eut une camarade de classe qui avait triché afin de me dépasser au classement et arriver ainsi la première. Cela, je ne pouvais l’accepter; je l’ai donc déclaré à la surveillante qui était de garde à cet examen-là, et cette gardienne l’avait aussi remarquée. À mon grand désarroi, elle choisit plutôt de fermer les yeux sur cet incident afin de me donner une bonne leçon d’humilité; cela m’a bien blessée dans mon orgueil évidemment. Après l’examen la personne qui était de garde, m’a expliqué pourquoi que je devais subir cette injustice. La raison évoquée mettait en cause mon comportement orgueilleux. Suite à cette expérience, j’ai eu le loisir de réfléchir à tout cela pendant un mois et par la suite, je faisais beaucoup plus attention en tout, en essayant de changer ce comportement orgueilleux. Après cette dure leçon d’humilité, je repris le premier rang dans tout pour le reste de l’année ! Parfois, cela fait du bien de se faire abaisser un peu...

Car Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il donne Sa grâce aux humbles. Jacques 4,6. L’orgueil d’un homme le conduit à l’humilité, mais celui qui est humble d’esprit obtient la gloire. Proverbes. 29,23.

L’année suivante, nous sommes déménagés en Abitibi, plus précisément à Mcwathers, près de Rouyn-Noranda. Rendue à cet endroit, mon père nous faisait entrer encore dans un autre couvent ou nous avons été acceptés comme pensionnaire ma soeur et moi. Et après quelques mois d’étude, on m’a conseillé de laisser mes études à cause de mon âge plus élevé que les autres. C’est alors que j’eus l’idée d’entrer comme postulante dans cette même communauté religieuse pour ne plus avoir à rester dans la même maison que mon père... J’avais l’âge de prendre cette responsabilité moi-même, car c’est à partir de seize ans que cette communautés acceptaient des jeunes filles pour qu’elles se consacrent au Sei.gneur, c’est pourquoi j’ai profité de cette chance qui s’offrait à moi...

Tout semblait me paraître comme une vie normale dans ma nouvelle vie de jeune religieuse, et un jour, on me conseillait d’aller prier dans la petite chapelle. Au même moment que j’essayais de prier, une religieuse d’un âge assez avancé venait vers moi en me disant ceci : Ne prie pas les statues, ni les morts, prie seulement D.ieu ! Mais elle m’a laissée sur ses paroles sans rien ajouter d’autre. Ces paroles a bien touchées mon coeur et après être sortie de la chapelle, je voulais absolument la rencontrer pour lui poser d’autres questions mais, je ne l’ai plus revue ! Elle me semblait bien pieuse, différente des autres et avait un très grand respect pour D.ieu. Six mois plus tard, je suis sortie de cette communauté parce qu’on m’a dit que ce n’était pas là où D.ieu m’appelait. Je restai néanmoins dans la même communauté à titre de simple pensionnaire pour un certain temps, parce que je n’avais pas d’autre endroit où habiter.

Quelques temps plus tard, ma soeur et moi avons sortie de là pour les vacances et un moment donné nous avons échangé nos secrets intimes et j’appris par la même occasion que mon père abusait aussi d’elle... Nous nous sommes encouragées l’une et l’autre, mais cela ne nous suffisait pas. Nous cherchâmes alors un autre moyen pour régler une fois pour toute cette situation honteuse et dégradante. Nous avons convenues tous deux de parler de ce problème aux religieuses du couvent ou nous étions allés durant l’année scolaire. Il faut dire également que ma soeur était là aussi à titre de pensionnaire. Alors les religieuses après nous avoir écoutées, ne crurent pas tellement à notre récit... Alors nous avons décidé d’aller raconter à la police ce que notre père nous a fait subir. Nous étions bien déterminées à aller jusqu’au bout de cette histoire...

Lorsque mon père nous a soupçonnés sur ce que nous avions projeté de faire, il est entré dans une grande colère, quelque jour après, il est allé s’enivrer. Cette journée-là, j’étais allée travailler dans un presbytère; après mon travail et comme d’habitude, je m’en retournais au couvent pour rejoindre ma soeur. Ce jour-là, pendant que mon père était en route avec l’intention de venir me chercher, moi je marchais sur la route qui me conduisait au pensionnat tout en ignorant qu’il s’en venait lui-même me chercher. Comme il ne restait plus que quelques mètres à faire avant d’arriver à ma destination, mon père arriva près de moi avec sa voiture très furieux. Ensuite il m’obligea à me ranger près d’un fossé boueux très profond pour ne pas me laisser aucune chance de m’enfuir au couvent ! Il était dans une colère terrible lorsqu’il est descendu de sa voiture en vitesse, je le voyais comme une bête enragée ! Il courut très vite pour m’attraper et ainsi me forcer à m’embarquer dans sa voiture. Après, il fit demi-tour pour se rendre à son domicile. Il conduisait d’une main en me faisant des menaces et avec l’autre main, il me frappait au visage; cela se passait tellement vite que je n’eus pas le temps de me protéger. Cette fois, j’avais un pressentiment qu’il voulait vraiment me tuer, d’autant plus qu’il se trouvait dans un état d’ébriété avancé; il ne savait plus ce qu’il faisait... Je réussis tant bien que mal à prévenir ses autres coups en mettant mes deux mains sans arrêt devant mon visage...

En arrivant à la maison, mon père avait toujours la même attitude agressive et me dit : Fais le dîner et après que nous aurons mangé, je vais te tuer en te battant à mort ! Et si tu n’es pas morte, eh bien, il ne restera pas grand chose qui te tiendra en vie ! Ensuite, j’irai te porter sur le perron de l’hôpital; je te laisserai là et ils feront de toi ce qu’ils voudront ! Moi, je serai déjà parti loin ! ...

Je me disais tout bas : Ho oui ! C’est maintenant qu’il va mettre à exécution ses menaces de mort; il y a si longtemps qu’il le dit...

Alors je me suis mise à prier tout bas tout en faisant le dîner; je demandai à D.ieu de me sauver de cette situation critique. Je tremblais de tout mon être et je pleurais silencieusement pour ne pas qu’il voit ma peur. Pendant que mon père se promenait de long en large dans le salon, moi, je suppliais encore le Sei.gneur pour que mon père sorte de la maison pour qu’il aille se chercher des cigarettes. Tout d’un coup, mon père s’arrêta de marcher et je regardais ce qu’il faisait; et je voyais bien qu’il cherchait quelque chose; je me disais : Il cherche sûrement son tabac, car il roulait souvent ses cigarettes. Alors je priais encore plus fort Le Sei.gneur et Lui disais : Oh Mon Dieu ! Fais qu’il ne trouve pas de tabac dans la maison afin qu’il aille s’en chercher au magasin. Lorsque j’eus fini de prier, mon père me dit : Je vais au dépanneur pour me chercher des cigarettes. Et il ajouta : Reste-là et fais le dîner ! ...

Quand il eut sorti de la maison, je regardai pour voir s’il allait vraiment partir... Et lorsque je fus convaincue qu’il allait sortir, je laissai tout ce que je faisais et me précipitai à la hâte pour sauter de la fenêtre arrière qui avait juste environ deux pieds de haut ou un mètre et demis de haut... Je n’eus pas le temps de penser à remercier D.ieu pour avoir exaucée ainsi ma prière. Je me mis alors à courir en direction du plus proche voisin derrière moi; la distance équivalait à environ deux cent pieds. Quand j’arrivai chez ce voisin, j’étais terrorisé de peur, que j’en tremblais de la tête aux pieds, tellement que j’éprouvais beaucoup de difficulté à m’exprimer ! Finalement, je lui racontai une partie de la situation pour qu’il comprenne pourquoi j’avais besoin de son aide et il accepta aussitôt de m’aider en me conduisant à un presbytère de Rouen ou j’avais travaillée déjà. Mais mon père devina l’endroit ou je m’étais réfugiée.

Avant qu’il ne soit arrivé, j’avais heureusement demandé à Monsieur l’Archevêque de ne pas révéler ma présence dans son presbytère tout en lui expliquant que mon père voulait me violer et me tuer par la suite. Mais celui-ci se montra réticent à raconter un tel mensonge, mais il réalisa que je ne plaisantais pas et qu’il fallait agir au plus vite. Alors il me conseilla d’aller me cacher dans la cuisine car aucun étranger ne peut y mettre les pieds. Peu de temps après, mon père arriva; lorsqu’il apprit que je ne me trouvais pas là, il fut très étonné. Comme son comportement était ébranlé par l’alcool, Monsieur l’Archevêque le pria de quitter immédiatement les lieux.

Mais lorsque je suis sortie du presbytère, je ne savais plus où aller, je me sentais vraiment perdue et abandonnée de tous; personne s’est offert pour me diriger dans un endroit sûre, ni même me conseiller ou même me rassurer. Je trouvais cette réalité extrêmement difficile à vivre. Finalement, je repartis pour aller rejoindre ma soeur au couvent où je lui racontais tout...

Pas longtemps après, mon père était encore en état d’ébriété et est revenue au couvent pour vouloir me parler gentiment, mais moi j’insistais auprès des religieuses de ne pas lui permettre que j’aille avec lui. Mais en convainquant les religieuses qu’il me ramènerait sans rien me faire, celles-ci m’obligeaient d’aller avec lui. Et après avoir parlé tout la soirée et une partie de la nuit, je suppliais encore mon père de me ramener au couvent car il avait promis qu’il me ramènerait. Car je ne voulais surtout pas coucher chez mon père à cause qu’il aurait pu abuser encore de moi. Et avec mon insistance, il a fini par revenir me conduire en pleine nuit au couvent et rendu au couvent, je sonnais et sonnait à la porte, mais personne venait pour m’ouvrir. Et je priais encore le Sei.gneur pour que les soeurs viennent m’ouvrir la porte, car mon père criait à l’auto, vient coucher à la maison, il ne t’ouvriront pas et moi je disais non, elle a dit qu’elle va m’ouvrir. Et enfin il y a une soeur qui est venue m’ouvrir et mon coeur a bien été soulagé. Le lendemain, la soeur supérieure, a dit que cela était un miracle.

Mais entre temps et sans que je le sache, ma soeur était allée livrer mon père à la police. Par la suite, des policiers sont venus me chercher pour que je porte aussi une plainte contre mon père. Après ma déposition, un policier reçu l’ordre de son supérieur pour me reconduire au couvent. En me reconduisant, ce policier me demanda d’aller avec lui visiter un site d’un beau lac qu’il y avait un peu plus Loing du couvent. Ne connaissant pas beaucoup Rouyn-Noranda, j’acceptai son invitation d’un air aussi surpris que timide... Je me disais : Ben ! C’est un policier, il représente la loi, il ne me fera rien ! ...

Rendue au lac, je ne trouvai rien de bien particulier à ce lac, c’était un lac pareil à tous les autres. De toute façon, je n’avais pas le goût de rien; j’avais juste besoin d’être tranquille après la déposition que je venais de faire contre mon père. Mais le policier s’approcha de moi pour me faire la cour ! Et moi, je me poussais le plus loin possible de lui. C’est à ce moment-là que je soupçonnais bien ce qu’il pouvait avoir derrière la tête mais, je ne me suis pas arrêtée à cette idée du fait qu’il était policier ! Je ne pensais pas qu’il oserait me toucher et je croyais qu’il comprendrait que ce n’était vraiment pas le temps de s’amuser. Finalement, nous sommes remontés dans la voiture et j’étais convaincue qu’il me reconduirait au couvent... Mais un peu plus loin, il stationna sa voiture juste au bord d’un profond précipice de façon à ce que je sois dans l’impossibilité de sortir de la voiture. Tout autour de nous se trouvait une forêt.

Pendant que je regardais la profondeur de la falaise, il s’approcha de moi... Et avant que je ne me rende compte de ses véritables intentions, il était déjà rendu sur moi pour m’embrasser de force ! Je me suis débattue tout en essayant de crier très fort; et malgré mes efforts, je n’arrivais pas à me dégager de sa bouche tellement sa force était brutale. J’offrais tout de même plus de résistance et je m’efforçais de lui dire, non, non et non ! Alors il comprit que je ne voulais vraiment pas et il cessa immédiatement son petit manège. Par la suite, il est venu finalement me déposer devant la porte du couvent. Mais, en débarquant de sa voiture, il me menaça d’un ton autoritaire en me donnant un ordre ainsi formulé : N’en parle pas aux religieuses de cette histoire parce que ce serait ta parole contre la mienne ! ...

Cette attitude pour la moins inconvenante me bouleversa et détruisit les derniers vestiges de ma confiance dans l’autorité des hommes, comme celui-ci; ça me déchirait davantage le cœur de voir autant d’abus du pouvoir et de méchanceté chez un représentant de la loi et de l’ordre ! Je réalisai encore une fois combien ces hommes étaient hypocrites et abusaient littéralement de leur autorité pour arriver à leur fin sexuel. Après ces événements, j’appris à me méfier davantage de ces hommes qui ont une autorité quelconque…

Le lendemain, ma soeur m’appris que mon père avait été arrêté par la police. Ce fut pour moi un très gros choc et je pleurai et pleurait amèrement. Je trouvais qu’il faisait plutôt pitié et je pensais que mon geste d’avoir livré mon père de la sorte était terrible. Je me culpabilisais beaucoup pour le geste que j’avais posé contre mon père. Par contre, je ne voyais aucune autre solution et en réfléchissant, je me disais : D’un autre côté, je ne pouvais plus supporter ses avances et ses menaces... Il fallait que je me fasse une raison et que je me dise encore : J’ai bien fait ! Sans cela, il aurait continué à abuser de nous deux alors, il était plus qu’urgent de le livrer ! ...

Maintenant il faut que j’oublie ce passé et que j’apprenne à pardonner. De plus, il ne faut surtout pas que je me condamne moi-même pour avoir agi ainsi. Face à celui qui abuse du plus faible, ce dernier a le droit légitime de se défendre selon la loi. D.ieu a donné des lois pour qu’on les utilise contre ces gens-là. Ce qui est le plus important, c’est de garder la foi en D.ieu, qui Lui nous délivre de tout mal ! Je remercie le Sei.gneur pour Sa Fidélité de m’avoir encore une fois délivrée de ces abuseurs sexuels. D.ieu est plus fort que ces gens-là, gloire à D.ieu, c’est LUI qui délivre toujours ceux qui Lui appartiennent !

En finissant ce chapitre, Le Sei.gneur me révéla que c’était bien Lui qui a empêché ce policier d’aller plus loin pour me violer. Gloire à Dieu et merci Sei.gneur de m’avoir protégée ! Le Sei.gneur me faisait encore comprendre qu’il faut toujours dénoncer ces abuseurs sexuels.

Dès mon jeune âge, lorsque j’ai accepté tout naturellement la Parole de D.ieu dans mon cœur, j’avais accepté par le fait même D.ieu Lui-même, c’est pourquoi je Lui appartenais déjà. Et D.ieu n’oublie jamais celui qui Lui appartient.

Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux et réserver les injustes pour les châtier au jour du jugement. 2 Pierre 2:9.

Dieu délivre le pauvre qui crie et le malheureux qui n’a point d’aide. Il aura pitié du faible et du pauvre, Il sauvera la vie des pauvres; Il rachètera leur vie de la fraude et de la violence... Psaume 72, 12-14


Partie 3

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  • Shalom dans le Nom de Yeshoua. Je me nomme Hectorine Duclos je suis écrivaine dans le domaine spirituel, c'est un don que D.ieu m'a donné en l'an 1992 et je donne tous ces écrits pour la gloire de D.ieu. Amen!
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